Autour de la soupe
A l'origine, au Moyen-âge, la "soupe" était une tranche de pain sur laquelle on disposait divers aliments (viande, légumes). C'était une assiette en quelque sorte. A la fin du repas, cette tranche de pain était donnée aux animaux ou aux pauvres. Les nobles ne la mangeaient pas.
Il faut savoir, qu'à l'époque, le pain était conservé pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le pain était donc rassis. Il fallait le tremper dans du lait, du bouillon ou de la sauce pour le ramollir avant de le consommer. D'où l'expression "être trempé comme une soupe" (être complètement mouillé par la pluie). De là vient sans doute les préjugés de certains bourgeois au début du siècle, comme quoi il est de mauvais goût de tremper ses tartines dans le bol du petit déjeuner (pas les moyens de s'acheter du pain frais).
Par la suite, au XIVè siècle, lorsqu'on a utilisé des assiettes en terre cuite, on a conservé l'habitude de disposer sur le fond des tranches de pain rassis avant d'y verser du bouillon (qui du coup, devient une soupe).
La soupe a été longtemps en concurrence avec le potage. La soupe est grossière, paysanne, (avec le pain)... le potage est plus noble, plus raffiné parce que les légumes sont passés, et la texture veloutée et il n'y a pas de pain pour alourdir le tout.
Le terme "potage" vient du mot "pot"... les légumes cuits dans un pot. Celà donnera également "potager", l'endroit où l'on cultive les légumes pour le potage.
Dès l'entre-deux guerres, la distinction entre soupe et potage devient peu évidente, sans doute parce que l'usage du pain commence à disparaitre.
archives de Michel Heurtaux
L'amour, c'est comme le potage, les premières cuillerées sont trop chaudes, les dernières sont trop froides (Jeanne Moreau)